1. accueil
  2. explorez
  3. preparez
  4. carte
  5. votre séjour
Ile du roi
  1. Explorez Minorque
  2. 4000 ans d'histoire

4000 ans d'histoire

Au coeur de l'histoire méditerranéenne et de l'Espagne

L'île de Minorque aux Baléares, comme sa grande soeur Majorque, a toujours attiré conquérants et envahisseurs et son histoire est ainsi façonnée par une succession d’influences et de cultures. Les vestiges de la culture “talayotique” y remontent à 2000 ans avant JC. Phénicienne, grecque, carthaginoise, romaine, Minorque devient arabe de 903 à 1287.

Conquise par le roi d’Aragon, l’île est repeuplée de catalans mais la vie y est dure, avec les incursions des pirates et les épidémies. 

Minorque se replace dans l’histoire au début du 18ème siècle lorsque sa situation stratégique en fait un objet de convoitise dans la guerre en Méditerranée. Anglaise pendant près d’un siècle, française de 1756 à 1763, l’île fait retour à la couronne espagnole en 1802.

Confrontés à une grande pauvreté, un quart de ses habitants la quittent pour l’Algérie entre 1830 et 1850.

La Minorque pré-historique 

Tudons

Il semble que l’homme apparaisse relativement tard à Minorque, à une époque relativement avancée de l’âge de Bronze. Les premiers occupants viennent sans doute de la partie orientale de la Méditerranée. Ils y apportent leur vision cyclopéenne et mégalithique des premières constructions.

Cette Minorque pré-historique est ainsi fascinante et les vestiges qu’elle recèle sont remarquables. Tout visiteur de Minorque, selon le degré de son intérêt, doit intégrer dans son séjour quelques heures pour flâner et voyager dans le temps parmi ses ruines émouvantes.

Les plus vieux vestiges sont datés de 2000 avant JC mais les ensembles les plus importants vont de 1400 avant JC à la romanisation de l’île, couvrant une période de près de 12 siècles. Il s’agit essentiellement de sépulcres mégalithiques, d’hypogées allongés et de “navetes” d’habitation ou funéraires.  

C’est la période de la civilisation “talayotique” dont Minorque est un foyer exceptionnel, révélant notamment de nouvelles conceptions dans l’art de bâtir. Même la période romaine ultérieure ne fit pas disparaître ces habitats primitifs, où la population rurale demeura très longtemps.

Ces monuments peuvent être classés en grottes et navetes funéraires, navetes, talaiots et taulas.

Grottes funéraires

Ces nécropoles datent des 9ème et 8ème siècle avant JC mais elles étaient encore utilisées à l’époque romaine. Il ne faut pas manquer le site de Cala Coves, sur la côte Sud, à quelques kilomètres de San Clemente. Les hautes falaises y sont creusées de centaines de grottes. A voir également celles de Cala Morell, proches de Ciutadella, sur la côte Nord, celles de Son Bou (au Sud) avec une muraille impressionnante sur la falaise et celles de Caparrot de Forma, près de Canutells.

Navetes funéraires

Ce sont les plus anciennes constructions funéraires qui aient été conservées en Europe.

Le terme “navetes” vient de la forme du bâti, ressemblant à une coque de navire renversée. La plus connue, proche de Ciutadella, est la “Naveta des Tudons”, remontant à 1400 avant JC. Les navetes funéraires comprennent une ou deux chambres superposées et sont percées d’une porte minuscule, donnant accès à une antichambre ou un couloir.

Les talaiots

Ce sont des tours tronconiques construites avec des pierres de taille sommairement travaillées qui semblent figurer des tours de guet. Mais leur structure masque une petite chambre dont la fonction était peut-être funéraire.

Les plus importants sont ceux de Torre Llafuda (Ciutadella), de Trépuco, Torello et Talati (proches de Mahon).

Taulas

Ils sont les symboles de la culture talayotique, composés de deux énormes blocs de pierre en calcaire taillée, avec des proportions énormes et en forme de T. Celle de Torralba d’en Salort pèse 25 tonnes. On les trouvent souvent avec des “talaiots”.

Les taulas sont au centre d’un anneau de piliers monolithiques, couronnés aussi par une pierre formant un énorme chapiteau. Leur emplacement fait principalement penser à un sanctuaire.

Les plus connues sont celles de Trepuco, Torre Trencada, Talali de dalt, Torre Llafuda et Torre d’en Gaumes.

Le début de l’histoire : phéniciens, grecs, carthaginois, romains, vandales et arabes

Chateau fort arabe de Santa Agueda

 Les phéniciens baptisèrent l’île “Nura”, à cause des feux allumés sur les côtes. Pour les grecs, elle était “Meloussa”. Les navigateurs phéniciens et grecs la visitèrent pour commercer avec ses habitants. Par contre, les carthaginois, sous les ordres du frère d’Hannibal, agirent en conquérants, s’installant dans les ports et recrutèrent de forces des habitants de l’île à cause de leur habileté au lancer de pierres. Ils en feront de redoutables frondeurs pendant les guerres puniques.

 

Les romains annexèrent l’île en 123 avant JC et la baptisèrent “Minorica”. Ils construisirent des chaussées et développèrent les deux villes de Jamma ( Ciutadella ) et de Mago ( Mahon ). 

On sait peu de choses de cette Minorica romaine, ensuite christianisée, envahie et ravagée par les Vandales puis tributaire de l’expansion byzantine. Les restes de plusieurs basiliques paléo-chrétiennes subsistent       ( celle de Son Bou, notamment ).

Cette instabilité prit fin en 903 lorsque l’île fût conquise par les arabes et rattachée au califat de Cordoue puis au royaume de Denia.  Suivront près de 4 siècles de développement, facilité par les techniques d’irrigation et les cultures maraîchères; et par une large tolérance religieuse. La toponymie de nombre de lieux d’aujourd’hui ( avec le préfixe “bini” ) est une survivance de la structure agraire de l’époque arabe.

 

Minorque catalane et espagnole (1287-1708)

Cathédrale au centre de la capitale Mahon

Les armées du royaume d’Aragon et de Catalogne entreprennent la conquête des îles Baléares au 13ème siècle. Majorque tombe en 1232 et Minorque en 1287. Les musulmans sont réduits en esclavage ou déportés. Le roi distribue les terres aux chevaliers qui l’ont aidé dans sa conquête. Minorque va être rattachée au royaume de Majorque, offert à l’un des fils du roi d’Aragon, qui règne ainsi aussi les Baléares, le Roussillon, la Cerdagne et le comté de Montpellier. 

Le royaume sera éphémère (jusqu’en 1349) mais cette courte période d’équilibre politique coïncide avec l’essor économique de l’archipel et une grande effervescence intellectuelle et artistique.

Minorque retrouve ensuite l’Aragon mais ses souverains négligent cette île de “pierres et du vent”, dans laquelle toute la trame économique et sociale de l’époque arabe a été détruite.

La campagne minorquine se spécialise dans l'élevage des brebis, le commerce de la laine connaît un vif essor et se développe une industrie textile de type artisanal. La pauvreté du pays liée à la crainte des incursions des pirates nord-africains ou génois est à l'origine du dépeuplement progressif de l'île.

 Le roi Alphonse V d'Aragon, en 1427, accorda même l'amnistie de tous délits à ceux qui viendraient s'établir à Minorque. Seuls étaient exclus, les criminels de lèse-majesté et les faux-monnayeurs.  

Les épidémies de peste qui se produisent alors sont à l’origine de la concentration des terres et par voie de conséquence, de l’apparition d’une classe pauvre de travailleurs agricoles. 

En 1469 les Baléares sont intégrées à l’Espagne grâce au mariage d’Isabelle de Castille et de Ferdinand d’Aragon. L’union de l’Aragon et de la Castille et la découverte de l’Amérique, qui déplace le commerce vers l’Atlantique, entraînent la décadence des îles. Les Baléares tombèrent presque dans l’oubli, exceptées comme pourvoyeuse d’hommes pour les armées qui édifiaient les nouvelles frontières de l’Espagne. Leur approvisionnement devenant difficile, elles se consacrent à la culture des céréales, de la vigne et de l’olivier, pour pouvoir satisfaire leurs propres besoins.

Ce sont des siècles de pénuries, d’épidémies et de décadence.

Abandonnée par l’Espagne, Minorque devient une proie pour les barbaresques. En 1535, l’amiral turc Barberousse débarque à Mahon, ravage et incendie la ville, dont une grande partie des habitants est tuée ou faite prisonnière. En 1558, c’est le tour de Ciutadella qui est saccagée, et déplore la perte d’une majorité de sa population. 4000 captifs sont emmenés en esclavage à Constantinople.

L’île reste constamment sous la menace des pirates et sa population est décimée par les épidémies et la disette. En 1575, l’île ne comptait que 6000 habitants.

 

Minorque : théâtre de la guerre européenne

Forteresse de la Mola vue sur mer

C’est dans ce contexte que Minorque va devenir l’un des enjeux et un théâtre des affrontements entre Français et Anglais à partir de la Guerre de Succession d’Espagne. Les britanniques vont ainsi occuper l’île, dans un premier temps, de 1708 à 1756. Compte tenu des malheurs de la population jusque là, cette période est souvent considérée comme une sorte “d’âge d’or”, notamment sous le joug bienveillant du dynamique gouverneur Richard Kane. Celui-ci réalisa des infrastructures, développa l’agriculture, abolit l’Inquisition, et apporta de nombreuses améliorations à la vie économique et quotidienne. Il fit choix d’une nouvelle capitale, sacrifiant Ciutadella à Mahon, qui connut alors un essor commercial prodigieux.

En 1756, 20 000 français, sous les ordres du duc de Richelieu, chassent les anglais et Minorque devient française pour 7 ans, jusqu’en 1763. Les relations entre français et habitants furent pacifiques et positives au point qu’un mot est passé dans le vocabulaire commun. A Ciutadella, pour remercier, on n’emploie pas de mot catalan, on dit “Merci”, en souvenir du duc de Richelieu qui avait chassé l’occupant anglais. Le gouverneur français va notamment créer la ville de San Luis, près de Mahon. 

Mais le traité de Paris se traduit par l’échange de Belle-Île, qui revient à la France, tandis que Minorque redevient anglaise. Les français n’en gardent qu’un bénéfice : la découverte de la “mahonnaise”, qui est devenue notre “mayonnaise”.

La nouvelle domination anglaise sera moins paisible et la population souffre. La misère et la faim commence à pousser à l’émigration, notamment en Floride. En 1782, la population se réjouit de l’arrivée de la flotte franco-espagnole, commandée par le duc de Crillon qui, à nouveau, chasse les anglais. Ceux-ci reprendront le contrôle de l’île entre 1798 et 1802. A cette date, Minorque devient une île d’Espagne, définitivement cette fois.

A partir de 1810, l'île connaît une dépression économique à cause de mauvaises récoltes. Toutes les classes sociales se ressentiront de la crise. Les propriétaires, ruinés, sans pouvoir investir dans les terres, bien souvent aux mains des usuriers, ne peuvent plus fournir de travail à leurs ouvriers agricoles. 

En 1830, l'accueil du corps expéditionnaire Français dans l'île est chaleureux, Mahon devient un point d'appui entre la France et l'Algérie se transformant en hôpital et base de ravitaillement des troupes (vins, huile, oranges, légumes, primeurs et poissons)...et de nombreux mahonais s'installent déjà aux abords d'Alger pour cultiver fruits et légumes. Ils retrouvaient dans les jardins abandonnés par les Maures des cultures très voisines de celles qu'ils avaient laissées dans leur île, voir des procédés comme l'irrigation par les norias qu'ils connaissaient de tout temps pour les avoir eux mêmes appris des ancêtres de ces Maures.

Il se développe aussi un commerce actif entre Minorque et la nouvelle colonie qui maintient constamment de nombreux vaisseaux transportant des passagers. On dénombre entre 1830 et 1836 l'émigration de 9500 minorquins vers l'Algérie sur une population totale de 38 983 dans l'île. 

Quotation_request_button

Conserver / partager

Share |

À découvrir aussi

  1. minorque
  2. carte
  3. plage
  4. hotel
  5. hôtel
  6. villa
  7. appartement
  8. location
  9. maison